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Les Rapaces & la Fauconnerie

Les Rapaces

Un genre à part. Depuis l'Hirondelle jusqu'à l'Aigle royal, qu'ils se nourrissent de petits insectes ou d'animaux vertébrés, de très nombreux oiseaux subsistent au détriment d'autres espèces. Une grande partie d'entre eux peut donc être considérée comme des prédateurs, bien que leurs caractéristiques physiques et leurs morphologies diffèrent grandement. La particularité distinctive des rapaces ne se situe alors pas dans l'acte de prédation mais bien dans le positionnement de ces oiseaux de proie, au sein du réseau trophique.

Les rapaces sont des carnivores puissants et sont systématiquement des chasseurs, des pêcheurs ou encore des charognards. Ils se distinguent aussi par des sens bien plus développés que leurs congénères ailés et possèdent une acuité visuelle hors normes, une ouïe affûtée, un toucher très sensible et parfois même un bon odorat, ce qui n'est pas le cas de la plupart des autres oiseaux. Les rapaces sont aussi reconnaissables à leurs becs crochus et à leurs serres tranchantes.

Au sommet de la chaîne alimentaire, les rapaces contribuent activement à maintenir l'équilibre naturel et la diversité de la faune sauvage dans leurs territoires. Leur présence assure la régulation des populations animales, notamment des petits mammifères et des oiseaux, et participe à maintenir une dynamique de reproduction harmonieuse pour de très nombreuses espèces. Certains rapaces, comme les vautours, sont même exclusivement charognards et assainissent continuellement l'environnement en consommant des dépouilles et des cadavres d'animaux qui, autrement, pourraient altérer la qualité sanitaire des espaces naturels.

Une acuité visuelle hors normes !

Une Buse Augure était observée lorsqu'elle a soudainement fondu sur un criquet mesurant seulement 2,5 cm de long. Elle l'avait repéré dans les herbes hautes au milieu d'un champ en friche et s'est élancée directement depuis son perchoir, situé dans un arbre, à plus de 100 mètres de distance de sa cible.

Une remarquable diversité. On dénombre plus de 580 variétés de rapaces dans le monde et ils sont représentés sur presque toutes les surfaces émergées, à l'exception de l'Antarctique et de petites îles isolées dans l'océan. Classés sous deux grands groupes, les rapaces appartiennent à l'ordre des Falconiformes lorsqu'ils sont diurnes (qui s'activent essentiellement le jour) et à l'ordre des Strigiformes lorsqu'ils sont nocturnes (qui s'activent essentiellement la nuit).

La plus importante famille des rapaces diurnes est celle des Accipitridés qui rassemble 265 espèces et sous-espèces, parmi lesquelles les Aigles, les Buses, les Autours, les Vautours, etc. La famille des Falconidés suit, avec 67 espèces et sous-espèces (classification 5.1, 2015) parmi les Faucons, les Crécerelles, les Caracas, etc. Toujours dans l'ordre d'importance, vient ensuite la famille des Cathartidés qui compte 7 variétés de vautours exclusivement endémiques du continent américain et qui sont les Condors, les Urubus et le Sarcoramphe. Enfin, les deux dernières familles des rapaces diurnes ne rassemblent actuellement que 3 oiseaux, avec 2 variétés de Balbuzards (Pandion haliaetus et Pandion cristatus) dans la famille des Pandionidés et 1 seule espèce, le Serpentaire, dans la famille des Sagittariidés.

Chez les rapaces nocturnes il n'existe que deux familles. La famille des Strigidés, avec 224 espèces et sous-espèces dont 4 sont supposées éteintes, englobe des variétés de hiboux et de chouettes comme les Grand-ducs et le Harfang, les Chevêches, le Kétoupa, etc. La Famille des Tytonidés, beaucoup plus restreinte, est constituée de seulement 19 espèces et sous-espèces et représente exclusivement les Effraies et les Phodiles.

Malgré qu'ils partagent tous de nombreux points communs, on retrouve aussi une très grande amplitude de corpulence chez les rapaces. L'espèce vivante la plus imposante est sans doute le Condor des Andes dont les représentants atteignent régulièrement une envergure de 3,20 mètres et un poids supérieur à 13 kg. Pour autant, le plus grand spécimen de rapace contemporain jamais observé a été un Gypaète Barbu d'Asie centrale, dont on a retrouvé la dépouille, et qui mesurait 1,50 mètre de haut et avait une envergure de 3,34 mètres. C'est cependant une exception chez cette espèce dont les sujets ne dépassent pas, habituellement, les 2,90 mètres d'envergure. Chez les rapaces nocturnes, c'est le Hiboux Grand-Duc Europpéen qui occupe la plus haute marche du podium des statures avec ces 75 centimètres de haut et 1,80 mètre d'envergure. À l'opposé, il existe aussi des espèces de rapaces miniatures. Le Fauconnet des Philippines et le Fauconnet Moineau sont très certainement les plus petits rapaces diurnes au monde avec leur taille de 14 à 16 centimètres et leur poids avoisinant les 50 grammes. Du coté des nocturnes, la Chevêchette des Saguaros, une espèce du continent américain, est encore plus minuscule avec ces 14 centimètres de hauteur maximale, son envergure de 23 centimètres et son poids d'à peine 40 grammes. En France, le plus petit rapace que l'on puisse observer est la Chevêchette d'Europe qui mesure 16 centimètres et pèse 60 grammes. Cette dernière est d'ailleurs très active en journée, bien qu'elle appartienne à la famille nocturne des Strigidés.

Des prédateurs spécialisés. Les rapaces ont des modes de vie très variés, selon chaque espèce. Ils ont développé des aptitudes, des techniques originales et se sont spécialisés. On peut remarquer ces particularités en observant la forme de leurs ailes, la position de leurs yeux, la proportionnalité de leurs serres, les qualités intrinsèques de leurs plumages, etc.

Ainsi les ailes étroites et effilées des Faucons favorisent leur évolution dans les airs, à haute vitesse. Leur traînée est très faible et ils peuvent fondre sur leurs proies avec une rapidité et une énergie cinétique extrêmes. Ce sont des spécialistes de la chasse en haut vol.

Les Éperviers et les Autours ont des ailes plus courtes mais assez larges et une longue queue dotée d'une grande motilité. Ils sont capables d'accélérations fulgurantes et doués d'une agilité hors pair. Ce sont des spécialistes de la poursuite en milieu forestier.

Les Vautours possèdent des ailes à la fois longues et larges, ce qui leur confère une surface alaire exceptionnelle. Ils savent utiliser les courants atmosphériques pour se déplacer sans dépenser d'énergie et peuvent parcourir de très grandes distances en un temps-record. Leur sensibilité olfactive et leur vue sont particulièrement précises. Ce sont des charognards spécialisés dans la recherche de dépouilles.

Le Balbuzard est équipé de serres très imposantes par rapport à sa taille et chacune est munie d'un doigt réversible, à l'instar des Hiboux, par exemple. Ses narines sont pourvues d'un clapet occultant et son plumage est imperméable. C'est un rapace qui peut s'immerger complètement et dont la prise est autoclave. Il est spécialisé dans la pêche.

Des planeurs exceptionnels !

Un Vautour Africain, après avoir profité de courants d'air chaud, a réalisé une ascension de plus de 2000 mètres en moins de 10 minutes, passant de 1496 à 3512 mètres d'altitude. Il a ensuite parcouru près de 32 km en vol-plané, et n'avait perdu que 520 mètres d'altitude une fois arrivé au bout de son périple.

La Fauconnerie

Un art ancestral. La fauconnerie est pratiquée depuis des temps immémoriaux. On retrouve des indices évoquant l'usage d'oiseaux de proie dressés à la chasse jusqu'au début du 16e siècle avant notre ère. Les vestiges de ces premiers affaitages apparaissent dans les moeurs des tribus des « hommes de la steppe », Autochtones des hauts plateaux de l'actuel Kirghizistan.

En Europe occidentale, même si l'art est connu depuis l'époque gréco-romaine, il ne sera véritablement pratiqué qu'à partir du 7e siècle. C'est au cours de cette même période que son exercice s'étend aussi dans le monde Arabe et en particulier en Afrique du nord.

En France, la fauconnerie connaîtra un véritable essor à partir du Moyen Âge jusqu'à devenir l'une des plus illustres au monde sous le règne de Louis XIII au 17e siècle. En effet depuis son adolescence, le fils de Marie de Médicis et de Henri IV, voue une véritable passion à la chasse et pratique sans mesure la vénerie, la louveterie et la fauconnerie. Il déploiera d'ailleurs des moyens considérables pour anoblir la chasse au vol et faire développer sa technicité.

De nos jours la fauconnerie n'est plus aussi élitiste et c'est heureux. Même si elle reste l'apanage de vrais passionnés, elle est pratiquée dans le monde entier et connaît un engouement grandissant d'année en année dans notre pays.

Inscrite par l'UNESCO sur la liste représentative du patrimoine vivant, culturel et immatériel de l'humanité, la fauconnerie jouit désormais d'un statut et d'une reconnaissance universelle...